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L’Herbassière

      

VILLATE D'HIER
 
L'Herbassière

Dans l'église de Villate, ce seize octobre 1748, avait   lieu la messe d'enterrement de
Bertrand Bonnafous en présence du baron D'Alvizarard, seigneur du Cros et Figarède.
Après la cérémonie, le corps fut déposé dans le cimetière contigu à la chapelle.

Mais remontons trois ans plus tôt, un soir de décembre où un enfant d'environ cinq ans,
apparemment abandonné, avait frappé à la porte au baron à la recherche d'un toit.
Ce dernier, ému, l'avait t  recueilli et quelques mois après, lui avait  donné Ce nom de
Bertrana  Bonnafous, un de ses piqueux  décédé sans descendance.

Or en ce funeste mois d'octobre 1748, le neuf précisément, Ce jeune garçon fut pris de
vomissements violents et d'une fièvre très élevée. Le médecin  mandé par le baron
diagnostiqua la phtisie,   maladie très répandue à l'époque et outre les préparations de
l'apothicaire conseilla  des  vésicatoires  préparés par une herbassière des environs.
C'était  une femme étrange  rendue atemporelle par un malheur mystérieux.
Elle vivait  dans une masure donnant sur un closeau que Ces voisins considéraient comme
le jardin des maléfices car seules y croissaient des herbes bizarres avec  lesquelles  elle  confectionnait 
des brouets inconnus. Le baron à présent entiché de l'enfant vint en personne quérir les vésicatoires
indiqués par le médecin. La femme écouta sa demande en évitant son regard et murmura
qu'elle porterait elle-même sa préparation. Envahi  d'un malaise inexplicable   qu'il porta au crédit
de son angoisse pour Bertrana, le Baron repartit vers le petit malade, tandis que la guérisseuse,
prise d'une agitation  folle, se mettait à peler, piler, lier des ingrédients dont elle confectionna 
une boule pétrie avec de fa cire d'abeille. Elle y ajouta de la cantharidine, poudre interdite par
la loi et  l'église et y amalgama son contrepoison le camphre.

        Au petit  matin elle était  devant  l'enfant qu'elle contempla en soupirant.
Puis, dénudant la petite poitrine  elle appliqua  la pommade, en prononçant des 
mots mystérieux qui firent chanceler le baron:maran atha'. Ces paroles le ramenaient à un passé
pas si lointain. Il reconnut alors dans  l'herbassière la jeune fille séduite  dix ans auparavant et
qui abandonnée s'était enfuie, éperdue, en hurlant ces mêmes paroles. Le baron comprit
que l'enfant ne pouvait être que son fils envoyé autrefois par l'herbassière pour qu'il l'élève.
         Hélas, Bertrand  mourut et sa mère ne survécut pas à  la douleur de sa perte.

Quant au baron, il partit en  Arménie avec les chevaliers  de l'ordre de Saint-Louis
pour aller chercher une relique de Saint-Blaise, patron de la paroisse de Villate. 
À son retour, il confia la quête de son voyage au curé Duffo et passa le restant
de ses jours à se repentir de son inconséquence. Il méditait souvent  les paroles au poète
Dante sur Ces tombes de la mère et du fils : " vous qui passez par les chemins de l'amour,
arrêtez-vous et regardez s'il est douleur plus grande que la mienne. "
 

 

 

2 Messages

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  • L’Herbassire , par Manuella
    Le 13 novembre 2014 à 18:30

    J’ai dj trouv plusieurs articles qui en parlaient, celui-l me semble le plus fiable !
    Manuelle du blog sur les banque en ligne

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Mis à jour le jeudi 20 avril 2017